Extrait des recommandations de l'ANAES publiées en juin 2002.
I. Quels sont les éléments sémiologiques qui au cours du dépistage ou d'un examen clinique vont orienter vers une consultation spécialisée ?
Le groupe de travail propose consensuellement que :
- l'examen de dépistage ait lieu avant l'âge de 6 ans ;
- toute dysfonction oro-faciale soit considérée comme un signe d'alerte et conduise à un examen morphologique. Sont à surveiller :
* la ventilation,
* la déglutition,
* la phonation,
* la mastication,
* les succions,
* la cinématique mandibulaire (ouverture, fermeture, propulsion, latéralité).
II. Quels sont les éléments nécessaires à l'établissement du diagnostic ?
L'examen morphologique comprend :
- un examen exobuccal qui recherche :
* les asymétries,
* les disproportions verticales de la face,
* les altérations du profil,
* les inocclusions labiales permanentes de repos,
* les altérations du sourire,
* les cicatrices ;
- un examen endobuccal qui observe :
* les discordances des arcades maxillaires et mandibulaires,
* les anomalies des rapports incisifs,
* les perturbations de l'alignement des dents.
Le groupe de travail estime consensuellement que sont nécessaires les éléments suivants :
- éléments cliniques :
* anamnèse,
* examen exobuccal,
* examen endobuccal,
* éventuellement, consultations spécialisées complémentaires (bilan orthophonique, bilan ORL, etc.) ;
- documents constamment nécessaires :
* film panoramique des arcades,
* moulages des arcades en occlusion.
Les documents suivants sont nécessaires en fonction des besoins :
- photographies de la face ;
- radiographie rétro-alvéolaire ;
- radiographie occlusale ;
- téléradiographie de profil ;
- téléradiographie selon une incidence autre que celle de profil ;
- tomodensitométrie ;
- montage des moulages en articulateur ;
- montage prévisionnel (dit " SET-UP ") ;
- radiographie main-poignet.
III. Quelles sont les anomalies qui relèvent d'un traitement et quel doit être, en fonction de l'anomalie, l'âge optimal de début du traitement ?
Il est recommandé de ne pas traiter une anomalie, c'est-à-dire une variation par rapport à la moyenne, pour elle-même. Il est recommandé de traiter les anomalies qui entraînent des handicaps.
Sont donc à traiter les anomalies susceptibles :
-de porter atteinte à la croissance de la face ou des arcades dentaires,
ou d'altérer leur aspect ;- de nuire aux fonctions orales et nasales ;
- d'exposer les dents aux traumatismes.
Sont également à prendre en considération les circonstances qui pourraient favoriser l'apparition de lésions carieuses et parodontales ou de troubles articulaires.
L'âge optimal du traitement ne peut être fixé uniquement " en fonction de l'anomalie ". D'autres facteurs doivent être pris en compte pour le déterminer, tels que :
- l'état général ;
- les conditions psychiques et sociales ;
- l'âge dentaire ;
- le stade de croissance et de maturation ;
- les anomalies associées.
À titre indicatif, les éléments cités ci-dessus étant supposés favorables, le groupe de travail estime consensuellement que :
- relèvent d'un traitement en denture temporaire :
* les anomalies fonctionnelles. Leur traitement est souvent
pluridisciplinaire. Le début est lié au degré de compréhension, de coopération et de maturation psychomotrice de l'enfant,* les anomalies de l'occlusion qui présentent une incidence
fonctionnelle (pro et latéroglissements mandibulaires),* les anomalies des procès alvéolaires, dans certains cas,
* les anomalies des bases osseuses ;
- relèvent d'un traitement en denture mixte :
* les anomalies dentaires (traitements interceptifs des dysharmonies dento-maxillaires, des inclusions, etc),
* les anomalies dento-alvéolaires,
* et certaines anomalies des bases osseuses ;
- relèvent d'un traitement en denture définitive :
* les anomalies dentaires (anomalies de nombre, de forme, de position et d'évolution),
* les anomalies dento-alvéolaires y compris certains traitements de compensation.