L'acte chirurgical dans le traitement de la parodontite de l'adulte

Extrait des recommandations et références de l'ANAES publiées en avril 1996.

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La prise en charge d'un patient adulte ayant des signes de parodontite de l'adulte (excluant l'urgence) comprend :

l') Un examen clinique et radiographique global, pluridisciplinaire, aboutissant à un diagnostic et à un plan de traitement qui prend en compte les facteurs de risque, les habitudes et le profil psychologique du patient, et qui répond aux besoins et à l'attente du patient.

Le sondage préalable à la thérapeutique étiologique n'est pas indispensable mais doit s'entreprendre avant le surfaçage radiculaire.

2') L'examen radiographique se réalise par un bilan "long cône" selon la technique de la téléradiographie intrabucale (TIB) avec des radiogrammes rétroalvéolaires et rétro-coronaires.

La radiographie panoramique n'est pas suffisante.

L'examen par tomodensitométrie n'est pas indiqué.

3') Les méthodes de diagnostic à l'aide de tests bactériologiques, enzymatiques ou immunologiques ne sont pas actuellement justifiées lors du bilan initial.

4') Une thérapeutique basale initiale, étiologique, non chirurgicale, consiste en l'ablation la plus complète possible des dépôts bactériens mous (plaque dentaire) et minéralisés (tartre) en situation supra et sous-gingivale, afin de réduire l'inflammation gingivale.

5') La réévaluation est réalisée à partir de la 4e ou 6e semaine après le terme de la thérapeutique basale, étiologique. La réévaluation, phase capitale du plan de traitement, a pour but d'examiner l'état du parodonte (profondeur des poches résiduelles, saignement) et d'apprécier la capacité du patient à maintenir une hygiène compatible avec une éventuelle phase chirurgicale.

a) Pour les patients qui ne possèdent pas une maîtrise suffisante de l'hygiène buccodentaire, pour des situations dans lesquelles des signes inflammatoires persistent notamment avec un saignement gingival provoqué, la thérapeutique basale non chirurgicale doit être prolongée.

La décision chirurgicale doit être différée, et/ou une autre forme clinique de maladie parodontale peut être recherchée.

b) L'inflammation gingivale étant maîtrisée, la profondeur des poches résiduelles et leur situation conduisent à un choix thérapeutique parmi les suivants :

    -la maintenance, ou thérapeutique de soutien, c'est-à-dire la prévention de la récidive,

    -le renouvellement du traitement non chirurgical (détartrage-surfaçage radiculaire avec ou sans irrigation),

    -le traitement chirurgical,

6') La maintenance est un programme de surveillance du patient qui associe le contrôle de plaque bactérienne et le débridement supra et sous gingival périodique, afin de minimiser la progression de la maladie parodontale. La fréquence optimale est d'un trimestre. La maintenance permet de renforcer la motivation à l'hygiène du patient traité. Cette thérapeutique de soutien est appliquée après la thérapeutique basale, le traitement non chirurgical ou le traitement chirurgical.

Le groupe de travail a proposé les recommandations suivantes

La chirurgie parodontale est contre-indiquée lorsque le contrôle de plaque, par le patient, est insuffisant.

L'acte chirurgical ne nécessite pas une anesthésie générale.

L'acte chirurgical n'est pas indiqué dans un secteur antéro-latéral (incisif-canin pré-molaire) qui présente un sillon gingival d'une profondeur inférieure ou égale à 3 mm et dont le sondage ne provoque aucun saignement. Le détartrage et le surfaçage radiculaires restent plus adaptés car la chirurgie induit une perte d'attache. L'acte chirurgical peut être indiqué en cas de lésion inter-radiculaire des molaires.

L'acte chirurgical reste indiqué pour traiter une poche parodontale d'une profondeur supérieure ou égale à 3 mm, et dont le sondage provoque le saignement.

Pour les dents monoradiculées ayant des lésions résiduelles de profondeur moyenne, comprises en 4 mm et 6 mm, les méthodes chirurgicales et non chirurgicales donnent des résultats équivalents.

Au terme de la thérapeutique basale étiologique, la chirurgie parodontale est indiquée pour le traitement des lésions résiduelles dont la profondeur est supérieure ou égale à 7 mm, pour le traitement des lésions complexes, difficiles d'accès, inter-radiculaires ou en rapport avec une anatomie radiculaire tourmentée.

L'acte chirurgical est indiqué pour pratiquer l'amputation radiculaire ou coronoradiculaire.

La maintenance, ou thérapeutique de soutien, est une étape indispensable du traitement pour préserver un état parodontal assaini. La surveillance du contrôle de plaque par le patient doit prévenir une récidive (inflammation et perte d'attache). Une surveillance régulière, tous les 3 à 6 mois, est recommandée.

La maintenance peut aussi représenter un traitement palliatif pour des patients dont l'atteinte parodontale se traduit par des lésions très avancées ou bien pour des patients ne pouvant bénéficier d'un traitement chirurgical.