Dr A. Delamare
/ chirurgien dentiste / odontologie pédiatrique / orthodontieLes liquides biologiques potentiellement contaminants sont classés selon deux niveaux de risque : majeur ou modéré
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risque majeur |
le sang tout liquide contaminé par le sang les sécrétions génitales |
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risque modéré |
le liquide céphalo-rachidien le liquide pleural le liquide péricardique le liquide péritonéal le liquide synovial la salive |
Types d'accidents
- Inoculation percutanée du liquide biologique
piqûre avec une aiguille souillée
coupure avec un objet tranchant souillé
- Projection du liquide biologique
sur les muqueuses: yeux, nez, bouche
sur une peau lésée: plaies, dermatoses, onychophagie
Les principaux risques infectieux
Hépatite B
Le risque de transmission du VHB après piqûre par une aiguille contaminée est d'environ 30 %.
Ce risque ne devrait plus exister: La vaccination conte l'hépatite B est obligatoire pour le personnel hospitalier depuis la loi de janvier 1991 et conseillée pour les professionnels de santé qui entrent dans les catégories à risque.
Hépatite C
Le risque de transmission du VHC après piqûre par une aiguille contaminée est de 3 à 5 %.
En l'absence de vaccin, la prévention repose sur l'utilisation de matériel à usage unique et sur le respect des règles d'hygiène et de sécurité.
VIH
Le risque de transmission après piqûre par une aiguille contaminée est de 0.18 à 0.45 %. Il n'existe pas de vaccin et la prévention repose sur l'utilisation de matériel à usage unique et le respect des règles d'hygiène et de sécurité.
Le virus détruit progressivement le système immunitaire de l'organisme ce qui le rend particulièrement vulnérable aux infections et à certains cancers.
Le VIH est retrouvé dans plusieurs liquides biologiques: sang, sperme, lait, sécrétions vaginales, liquide céphalo-rachidien, liquide amniotique, liquide péricardique, liquide pleural, liquide péritonéal.
Dans la salive, les larmes, l'urine, les selles, les sécrétions nasales et la sueur, le virus est soit indétectable, soit à des concentrations trop faibles pour entraîner une contamination.
La transmission materno-fœtale est possible mais moins d'un enfant sur quatre est infecté, surtout si la mère est traitée pendant la grossesse.
Aucun cas de transmission du virus par une voie autre que les voies sanguine, sexuelle et materno-fœtale n'a été démontré à ce jour. Les contacts cutanés, la cohabitation, les animaux et les insectes ne transmettent pas le virus.
Pour ces trois infections virales, le risque est lié à la profondeur de la blessure ainsi qu'à la quantité de virus circulant chez le sujet infecté.
Précautions à prendre.
Il faut respecter les précautions d'hygiène élémentaires:
-stérilisation du matériel après chaque utilisation ou utilisation de matériel à usage unique
-lavage systématique des mains après contact avec des produits biologiques
-port systématique de gants
-port de lunettes et de masque
-ne pas re capuchonner ni plier une aiguille souillée
-jeter tout objet souillé piquant ou tranchant dans des conteneurs adaptés et gérer les déchets de soins
-décontaminer toutes les surfaces immédiatement en cas de projection de liquides biologiques
Conduite à tenir après un accident d'exposition à un liquide biologique
Piqûre, coupure, contact direct sur une peau lésée.
Nettoyer à l'eau et au savon puis désinfecter à l'eau de javel diluée au 1/10° ou au Dakin ou à l'alcool à 90 °
Projection sur les muqueuses ou les yeux
Rincer au moins 5 minutes à l'eau ou au sérum physiologique
Consultation en médecine du travail
Déclaration de l'accident dans les 48 heures avec certificat médical initial
Evaluation du risque infectieux: VIH, VHC, VHB.
Il est important de déterminer le statut sérologique du patient source. Ceci ne peut être fait réglementairement qu'avec son accord ou celui des parents pour un mineur. Cette recherche est alors une demande urgente avec résultat en une heure.
Proposition éventuelle d'un traitement prophylactique
Mise en route du suivi sérologique
Risque VIH; sérologie dans les 8 jours maximum puis à 3 mois et à 6 mois
Risque d'hépatite: vérification de l'immunité contre l'hépatite B, suivi sérologique pour l'hépatite C.
Conduite à tenir en fonction du statut sérologique VIH du patient source (circulaire DGS du 2 avril 2003)
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Type de blessure |
Patient VIH positif Probabilité de transmission par acte (PTA) |
Sérologie VIH du patient inconnue |
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Piqûre avec aiguille creuse |
PTA 0.18 à 0.45 % Traitement recommandé |
Traitement recommandé si le patient source a des pratiques sexuelles à risque ou si il fait partie d’une communauté où l’épidémie est généralisée |
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Piqûre avec aiguille à suture Coupure par bistouri |
PTA 0.18 à 0.45 % Traitement recommandé |
Traitement non recommandé |
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Exposition cutanéo muqueuse : contact d’une quantité importante de sang sur muqueuse ou peau lésée |
PTA 0.009 à 0.19 % Traitement recommandé si durée d’exposition supérieure à 15 minutes |
Traitement non recommandé |
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Morsures, griffures, contact sanguin sur peau intacte Contact de quelques gouttes de sang sur muqueuse ou peau lésée Contact avec un autre liquide biologique (salive) |
Traitement non recommandé |
Traitement non recommandé |
Suivis sérologiques VIH, VHB et VHC du professionnel de santé accidenté.
A J zéro recherche des anti-corps anti-VIH, anti-HBs et anti-VHC
Suivi sérologique du risque VIH
Si le patient source est anti corps anti-VIH négatif, il n’est pas nécessaire de faire un suivi sauf s’il existe le risque d’une période de silence sérologique chez le patient.
Si le patient est anti corps anti-VIH positif, on pratique les tests suivants :
Recherche des anti corps anti-VIH et de l’antigène P24 à 1 mois
Recherche des anti corps anti-VIH à 3 mois
Recherche des anti corps anti-VIH à 6 mois
Suivi sérologique du risque VHB.
Si le patient source est antigène HBs négatif il n’est pas nécessaire de faire de suivi. Il faut cependant vérifier la sérologie du professionnel de santé Si ce dernier est anticorps anti-HBs négatif, il faut procéder à sa vaccination.
Si le patient source est antigène HBs positif et si le professionnel de santé blessé est correctement vacciné (anticorps anti-HBs positif) aucun suivi n’est nécessaire. Si le professionnel de santé n’est pas vacciné, il faut pratiquer une séro-vaccination.
Suivi sérologique du risque VHC.
Si le patient est anticorps anti-VHC négatif et qu’il n’est ni immunodéprimé ni usager de drogues intraveineuses, le risque de contamination du professionnel de santé est nul. Si par contre le patient est drogué ou immunodéprimé la contamination est possible et il faudra doser les alanines amino transférases (ALAT) et les anticorps anti-VHC à 1, 3 et 6 mois.
Si le patient est anticorps anti-VHC positif, le risque de contamination est possible, il faudra également doser les alanines amino transférases (ALAT) et les anticorps anti-VHC à 1, 3 et 6 mois.
Réglementation
Circulaire DGS / VS2 / DH / DRT / 99-680 du 08.12.1999 relative aux recommandations à mettre en œuvre devant un risque de transmission du VHB et du VHC par le sang et les liquides biologiques.
Circulaire DGS / DHOS / DRT / DSS / SD6 A / 2003-165 du 02.04.2003 relative aux recommandations de mise en œuvre d’un traitement antirétroviral après exposition au risque de transmission du VIH.
Guide des matériels de sécurité : édition 1999-2000 ministère de l’empli et de la solidarité INRS GERES
Reconnaissance en accident du travail d’une contamination professionnelle par le VIH:
Arrêté du 18.01.1993
Circulaire ministérielle du 31.03.1995
Existence d’un fait accidentel localisable dans le temps et survenant dans l’exercice professionnel et qui suit un contact avec un produit biologique contaminé : piqûre et / ou coupure, contact direct sur une peau lésée, projection sur muqueuses.
Déclaration de cet accident dans les 24 heures et établissement d’un certificat médical initial
Suivi sérologique : le premier test de dépistage du VIH se fait dans les 8 jours maximum qui suivent l’accident et doit être négatif.
L’un des deux tests effectués à 3 et 6 mois (délai de séroconversion) doit être positif
Cette séropositivité doit être déclarée à l’organisme de contrôle.
Un professionnel de santé séropositif est il apte à exercer son activité ?
La seule transmission possible d’un soignant à un soigné est celle d’un contact de sang à sang. Elle est possible lors de gestes invasifs. Cependant ce risque est extrêmement faible et, en France, il n’y a pas de réglementation et / ou de jurisprudence en faveur d’un dépistage systématique chez les soignants.