Cancer chez l'enfant et prise en charge bucco dentaire |
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Cancer chez l’enfant et prise en charge bucco dentaire.Dr A. DELAMAREChirurgien dentiste / orthodontie / odontologie pédiatrique / praticien CLCC (centre de lutte contre le cancer) INTRODUCTIONEn France, le cancer représente une des premières causes de mortalité dans la tranche d’age des 0-15 ans. Il entraîne chaque année, en moyenne, un décès pour 10 000 enfants. La découverte de la maladie est souvent fortuite, lors d’une consultation chez le pédiatre. Le dérèglement du métabolisme cellulaire, principalement d’origine génétique, est à l’origine de la pathologie cancéreuse. Les facteurs environnementaux jouent aussi un rôle dans le déclenchement de la maladie mais leur mode d’action est mal établi. La découverte d’un cancer chez un enfant provoque bien souvent un choc psychologique qui perturbe la vie familiale. L’odontologiste doit se rapprocher de la personne qui a le plus d’affection pour le jeune patient afin que son implication dans le suivi des soins bucco dentaires l’aide à mieux surmonter cette épreuve. ÉPIDÉMIOLOGIE.On observe deux pics de fréquence :
On dispose de 3 types de traitements : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie. LA PRISE EN CHARGEL’objectif de la prise en charge bucco dentaire est d’éviter ou de minimiser les effets secondaires de la radiothérapie et de la chimiothérapie Avant le traitement anti cancéreux : éliminer les foyers infectieux, modifier le mode d’alimentation
Pendant le traitement anti cancéreux : traiter la douleur et la sur-infection des muqueuses Le risque de mucite grave est dose-limitant. La mucite est la conséquence de la toxicité directe des produits anti-tumoraux sur les cellules en mitose. La muqueuse buccale s'atrophie et présente des ulcérations souvent très douloureuses et hémorragiques. Ces ulcérations peuvent s’étendre à l’ensemble de l’oropharynx et même au tube digestif. Les modifications qualitatives et quantitatives de la salive vont majorer ces troubles. L’atténuation de ces symptômes dépend de l’augmentation des polynucléaires neutrophiles circulants. La mucite peut être localisée ou extensive, superficielle ou profonde. Traitement des autres troubles :
Lorsque le brossage devient risqué en raison de l’hypoplaquettose, on utilise les bâtonnets en mousse et les bains de bouche (bicarbonate à 14 pour mille et glycothymoline 55 en quantités égales) additionnés éventuellement d’un peu de xylocaine liquide. Les bâtonnets sont de petites éponges cylindriques montées sur une fine tige en résine. Leur souplesse leur permet de s'adapter à la morphologie buccale et leur texture agrippe la plaque dentaire. Après le traitement anti cancéreux : gérer les pathologies buccales, les anomalies de croissance dentaire ainsi que les rétractions des tissus mous. Les caries. Elles peuvent survenir en raison de la difficulté d’assurer une bonne hygiène buccale pendant le traitement anti cancéreux. Les caries post radiques sont un peu similaires à celles du syndrome du biberon. Elles ont provoquées par la diminution du flux salivaire et la baisse du pH buccal. La seule arme efficace est l’application topique de fluor mais cette thérapie est difficile, voire impossible à réaliser chez le très jeune enfant sous peine de le voir ingérer des doses toxiques de fluor. La sécheresse buccale. Il faut faire boire de l’eau et rafraîchir la cavité buccale avec un bain de bouche sans chlorhexidine. En effet, l'utilisation prolongée de cet antiseptique qui est présent dans presque tous les bains de bouche finit par détruire la flore buccale habituelle au profit d’autres germes tels que le candida albicans. Le bicarbonate de soude et la glycothymoline 55 sont exempts de chlorhexidine et peuvent être utilisés sans réserve. Cependant, contrairement à l’adulte, le flux salivaire régénère au moins partiellement chez l’enfant. Les troubles de l’odontogénèse. Les drogues cytotoxiques sont peu sélectives. Lorsque la chimiothérapie est conduite pendant la phase de maturation et de croissance des dents, elle peut provoquer des microdonties, des malformations ou l’arrêt du développement des germes. Il faudra gérer l’éruption et la mise en occlusion de ces dents. Les troubles de l’alimentation. Souvent les patients ont perdu la notion de mastication. Il faut soutenir les conseils du pédiatre qui recommande de reprendre une alimentation normale. Les rétractions musculaires. La mécanothérapie pratiquée à l’aide d’exerciseurs gérés par le patient (sauterelle, pince à linge) permet de réduire le trismus et d’augmenter progressivement l'ouverture buccale. Les troubles de la croissance faciale. L’irradiation de l’hypophyse et la chimiothérapie provoquent une cassure de la courbe de croissance. On observe une altération de la croissance enchondrale et périostée. Au niveau buccal l’interception est réalisée à l’aide d’appareils orthopédiques de type Balters, Robin, Bielle, Planas, gouttière de Philippe. L’orthodontie. Les mainteneurs d’espace ou la prothèse pédodontique évolutive permettent d’attendre l’éruption des dents définitives. Il convient d’éviter les traitements multi-attaches et de privilégier les extractions pilotées et les traitements précoces qui utilisent la séquence d’éruption, la croissance et les fonctions musculaires. PRONOSTICLes séquelles sont d’intensité variable, elles ont un délai d’apparition et un délai de régression On peut observer :
Les anomalies de taille, de forme et de structure de dents sont autant le fait de la chimiothérapie que de la radiothérapie . PRISE EN CHARGE DES SEQUELLES
SURVEILLANCELe risque majeur est le cancer radio-induit : Il faut faire un bilan trimestriel pendant 2 ans puis un bilan semestriel pendant 5 ans BibliographieAbraham-Jaillon C. H. Complications orales de la chimiothérapie. JM Andrieu et P Colonna Ed. Estem PARIS 1997 Borowski B. Kalifa C. Soins dentaires et chimiothérapie chez l’enfant. Revue Odonto Stomatologique 1987, 2, 105-116 Borowski B. Prévention et surveillance bucco-dentaire du malade irradié pour une tumeur des VADS. Chirurgien Dentiste deFrance. 1994, 699, 46 9 LibersaP, Nawrocki L, Prevost B Libersa JC. Troubles de la croissance dentaire après traitement par radiothérapie et chimiothérapie. Ann Pédiatr 1994;41(7):446-9 Marec-Berard P.Gorry F. Chaux-Borard A.G. Gourmet R. Bergeron C. Frappaz D. Philip T. Perturbations du développement dentaire chez des enfants traités par chimio. Archives de Pédiatrie 2002, Volume9, 11, 1212-1213 Mortier E. La mucite, une stomatite de l'enfant atteint de cancer. Information Dentaire. 1995, 35, 2719-2723 |
| Mise à jour le Vendredi, 30 Avril 2010 09:04 |




